Stranger Things : on a classé les saisons de la série Netflix, de la pire à la meilleure

Stranger Things : on a classé les saisons de la série Netflix, de la pire à la meilleure

Stanger Things approchant de sa fin, on a commencé notre classement des saisons de la série Netflix, de la pire à la meilleure.

C’est encore un carton pour Netflix : la saison 4 de Stranger Things est le meilleur premier week-end d’exploitation pour une série anglophone avec 286,79 millions d’heures vues dans le monde selon un tweet de la plateforme.

Preuve que la popularité de la bande de Millie Bobby BrownFinn WolfhardGaten MatarazzoCaleb McLaughlinNoah Schnapp et leurs chaperons Winona Ryder et David Harbour ne faiblit pas, bien au contraire, elle est en explosion constante. Mais la qualité de la série a-t-elle suivi la même trajectoire ? On a classé les saisons de la série pour le savoir.

 

Faites pas cette tête, ça va aller

 

4. SAISON 3

Il se passe quoi ? C’est l’été 1985 (le préféré de François Ozon) et les Stranger Kids ont grandi. S’ils n’ont pas oublié Donjons & Dragons, ils sont tout de même occupés ailleurs. Alors que la menace du Flagelleur mental est toujours présente, surtout que le pauvre Billy se retrouve sous son emprise, un mystérieux portail vers le monde à l’envers concentre l’attention des héros.

Après s’être enfin libéré, Billy se fait empaler par le monstre-araignée qu’il a aidé à créer en essayant de protéger Eleven. Pour sauver tout le monde, Joyce doit fermer le portail et sacrifier Hopper. Une scène post-générique laisse espérer qu’Hopper a survécu et qu’il est emprisonné en Russie.

 

Stranger Things saison 3 : photo, Millie Bobby BrownC’est bon, je suis prête à revoir la saison 3

 

Pourquoi c’est mieux que vous ne le croyez ? Cette troisième saison aura eu le mérite d’essayer de dynamiter ses propres codes pour se réinventer. Plutôt que de servir la soupe de la nostalgie, le récit décide de montrer la mutation de ces gosses qui forment désormais des couples, qui se rebellent face à leurs parents, et qui ne sont plus si friands de Donjons & Dragons (à l’exception de Will, déjà la cinquième roue du carrosse). Certains personnages changent de rôle dans l’intrigue, à l’instar de Steve, devenu un sympathique baby-sitter plutôt qu’un apollon espiègle, et les personnages de Max et Billy forment un atout indubitable pour continuer à étendre les problématiques de la série.

Cette dernière atteint d’ailleurs un sommet de direction artistique dans ce microcosme de nerdiness qu’est le centre commercial d’Hawkins, se livrant dans un dernier épisode flamboyant. Entre un Billy sous emprise allant jusqu’au bout dans une violence cathartique et décomplexée et un antagoniste dévoilant sa monstruosité dans une ambiance de film d’horreur sous néons, la saison 3 de Stranger Things atteint le sommet du spectacle.

 

Stranger Things : photoUn final spectaculaire contre Pizza the Hutt

 

Pourquoi c’est quand même la pire ? Sauf que si l’ambition de ce troisième volume de la série est noble, son exécution est une horreur. Les tropes déployés sont visibles et paresseux, à commencer par les sacrifices simultanés de Billy pour sauver Eleven et d’Hopper dans la base secrète russe. La fragmentation du groupe, loin de l’efficacité de la saison 2, ne fait que rendre la narration plus brouillonne. Amputé de moments nécessaires entre Hopper et Eleven ou Max et Billy, les climax supposés nous faire bondir apparaissent précipités, incohérents, et pourtant prévisibles. Et ni le beau jeu de Sadie Sink ni le sex-appeal de Dacre Montgomery ne suffisent à sauver cette troisième saison de Stranger Things.

Une scène marquante : Billy fonçant avec son bolide sur Jonathan et Nancy avant d’être stoppé par un Steve groggy, mais déterminé. Mais comme chez Ecran Large nous sommes tous des polissons, nous avons aussi envie de vous parler de la prise de poste de Billy le maître-nageur à la piscine d’Hawkins dans une parodie de Fast Times at Richmond High, le tout sur la chanson Moving in Stereo de The Cars.

Notre critique de la saison 3 de Stranger Things

 

Stranger Things : photo, Andrey IvchenkoEt encore, qui se souvient de cet horrible Terminator russe ?

 

3. SAISON 4A

Il se passe quoi ? Six mois après les événements meurtriers qui se sont déroulés à Starcourt, les jeunes héros essaient de retrouver une vie normale, mais leur arrivée au lycée est plus mouvementée que prévu. D’un côté, Eleven et ses frères adoptifs Will et Jonathan essaient de se faire à leur nouvelle vie californienne, et de l’autre, les membres de la bande restée à Hawkins prennent quelques chemins différents.

Pas de chance, un nouveau monstre venu du monde à l’envers débarque à Hawkins (encore) et commence à tuer des ados, et évidemment, la bande se retrouve soupçonnée. Sans Eleven, le groupe se débrouille seul pour stopper la bête. Max et Nancy sont presque tuées par ce monstre nommé Vecna. Mais heureusement, tout le monde survit (pour le moment).

Alors que le groupe subit les attaques du monstre à Hawkins, Eleven, elle, a été embarquée par le Dr Brenner pour essayer de faire revenir ses pouvoirs. Et justement, pendant les expérimentations menées par Papa (de retour), on apprend finalement que Vecna a été créé involontairement par Eleven lorsqu’elle a tué 001 dans son passé. Ah et au même moment, Mike cherche à retrouver Eleven, et Joyce et Murray retrouvent Jim Hopper en Russie, mais ça, tout le monde s’en fout.

 

Stranger Things : photo, Finn Wolfhard, Caleb McLaughlin, Gaten MatarazzoBienvenue au lycée

 

Pourquoi c’est une grosse amélioration ? Parce qu’après trois ans d’attente, retrouver nos jeunes (et moins jeunes) héros fait l’effet d’un gros câlin réconfortant. Si la saison 3 avait du mal à provoquer une tension, à part peut-être à la toute fin où deux personnages ont trouvé la mort (enfin, un seul au final), la saison 4 a réussi à relever le niveau en dramatisant son récit et en apportant de nouveaux enjeux grâce à un nouveau méchant qui passe à l’action. En bref, on a enfin peur qu’un des personnages passe l’arme à gauche.

Fini l’ambiance pop et les couleurs saturées de Starcourt, cette quatrième saison opère un retour, réussi, vers l’horreur. Vecna, plus proche d’un Freddy Krueger que du Flagelleur mental, s’immisce dans le crâne des plus faibles avant de leur casser les os et d’aspirer leurs yeux. Pour couronner le tout, le monde à l’envers revient faire partie intégrante du récit et se retrouve même exploré par la dream team composée de Steve, Nancy, Robin et du petit dernier Eddie. Une bande plus unie et malheureusement plus intéressante que celle anciennement menée par Mike et ses petits camarades énervants (exception faite à Dustin et Max).

 

Stranger Things : photoVecna, ou le retour tant espéré des frissons

 

Pourquoi les défauts persistent ? Si cette quatrième saison est réussie à plusieurs niveaux, elle n’est pas parfaite pour autant. Déjà, les allers-retours entre les trois intrigues sont lassants, surtout que deux sont clairement en dessous. Comment nous intéresser à des histoires de harcèlement scolaire et de méchante reine de promo ou à une intrigue de sauvetage en Russie alors qu’à Hawkins, un monstre invisible sévit en désarticulant ses victimes adolescentes et que le gentil metalleux est suspecté ?

C’est justement parce qu’il y a beaucoup trop de personnages que Stranger Things arrive à nous ennuyer en inventant des intrigues secondaires qui semblent exister juste pour donner à Will ou Mike un peu de temps de parole, mais vraiment pas beaucoup. Une petite pensée pour Jonathan qui ne décroche presque pas un mot de la saison et dont la seule activité consiste à fumer des joints avec son nouveau pote défoncé Argyle, roi des teubés sorti – littéralement – d’American Vandal (qu’on vous conseille au passage).

 

Stranger Things : photo, Eduardo FrancoEt là je leur ai fait croire que j’avais corrigé tous mes défauts, mais nan !

 

Une scène marquante : À la surprise générale d’absolument personne, la scène la plus marquante de cette saison se situe à la fin de l’épisode 4. Alors que Maxine s’apprête à succomber au maléfice de Vecna, elle est sauvée in extremis grâce à Nancy qui trouve le moyen de rompre le charme grâce à la chanson préférée de Maxine. Max court vers sa liberté sur Running Up That Hill de Kate Bush, c’est beau, on pleure, à l’aide, au secours.

Notre critique de Stranger Things saison 4 première partie

 

Stranger Things : photo, Sadie Sink, Gaten Matarazzo, Joe Keery, Caleb McLaughlinLa meilleure scène de la série ? Peut-être

 

2. SAISON 2

Il se passe quoi ? Un an après le retour de Will Byers du monde à l’envers et le retour à la normale pour Hawkins, l’infernale dimension parallèle se manifeste à nouveau à travers le Flagelleur mental, une créature beaucoup plus dangereuse que tout ce qui a été vu précédemment et qui exerce une forme de contrôle mental sur Will.

C’est reparti pour un tour : comme avant, l’équipe de la saison précédente s’assemble, et comme avant, grâce à leur ingéniosité et aux pouvoirs déchainés d’Eleven, le monstre est tué (ou pas), et le portail vers la dimension démoniaque est refermée. Comme avant.

 

Stranger Things saison 2 : Photo Winona RyderEt comme avant, Will est un aimant à problèmes

 

Pourquoi c’est comme avant en moins bien ? Il ne faut pas plus de la moitié du premier épisode de la saison 2 pour constater que celle-ci n’aura rien de particulièrement signifiant à raconter. En un mot : c’est un gros bonus aussi sympathique que parfaitement dispensable, qui joue la carte du plus. Plus de personnages, plus de monstres, plus de références, plus de sous-intrigues. Mais tout cela tourne en rond, car il y a une entité en recul : l’inspiration. Le renouvèlement est minime ou factice, les enjeux n’ont pas bougé d’un iota, bref : on prend les mêmes et on recommence, la surprise en moins.

C’est aussi dès cette saison que Stranger Things commence à prendre conscience d’elle-même, et cela produit déjà des effets délétères. On n’en est pas encore à la débauche quasi-pornographique de clins d’oeil de la saison 3, mais les différents renvois commencent déjà à devenir envahissants. Mais surtout, la plus grosse faille de cette saison 2, c’est son manque total de danger, son incapacité absolue à malmener ses personnages devenus des totems intouchables (au détriment de l’intrigue) et leur opposer un défi vraiment à la hauteur. Si le mystère sur le monde à l’envers demeure attractif, les frissons eux se sont fait la malle. On est plus près de Scooby-Doo que de Stephen King.

 

Stranger Things : photo, Sean Astin, Winona RyderJ’aurai pu être un personnage intéressant, mais les ligaments croisés…

 

Pourquoi c’est pas (encore) si grave ? Tout cela ne veut pas dire que la saison 2 soit désagréable à regarder, loin de là. D’ailleurs, on adore Scooby-Doo. Stranger Things reprend sa formule sans trop se casser la tête certes, mais le savoir-faire est toujours là et bien là. Aux entournures, on peut même se féliciter de l’apport de certains nouveaux personnages, qui amènent un sacré potentiel avec eux. Un potentiel qui restera à jamais inexploité pour Billy et Bob (bêtement réduit à la caution chair à canon de cette saison 2), mais qui a le mérite d’exister et de lancer des pistes qui auraient pu être intéressantes. Toute cette saison 2 est contenue dans cet emploi du conditionnel.

Une scène marquante : L’entraînement de Eleven avec Kali, et d’ailleurs on pourrait étendre et dire que paradoxalement l’épisode 7 de la saison 2 de Stranger Things est sans conteste l’un des pires moments de la série. On parlait du manque de portes de cette saison, ce sous-arc à la X-Men du pauvre est la seule qu’elle ouvre en grand et c’est la pire de toutes.

Notre critique de la saison 2 de Stranger Things

 

Stranger Things : photoOn me voit, on me voit plus

 

1. SAISON 1

Il se passe quoi ? En 1983 à Hawkins, petite bourgade perdue de l’Indiana, Mike, Dustin, Lucas et Will ont une douzaine d’années et sont liés par une amitié qui remonte à leur plus tendre enfance. Ils sont inséparables… jusqu’à ce que Will disparaisse en pleine nuit. Refusant de croire à la mort de leur ami, les trois compères enquêtent et comprennent qu’il est en réalité retenu captif dans le monde à l’envers, une dimension parallèle.

Malgré l’incrédulité des adultes et avec l’aide de précieux alliés, dont notamment le chef de la police Hopper et Eleven, une mystérieuse jeune fille aux pouvoirs dévastateurs, ils parviennent à libérer Will et débarassent Hawkins du Demogorgon, un monstre qui terrorise la ville.

 

Stranger Things : Saison 1Quand le club des losers avait encore trois ans et demi

 

Pourquoi c’est vraiment top, même avec le recul ? S’il y’a bien un moment où Stranger Things a été super, c’est pendant cette saison 1, que même les détracteurs les plus acharnés de la série auront bien du mal à attaquer. Sans faire de Stranger Things un chef-d’oeuvre de télévision moderne, force est de constater que cette première saison est un petit modèle de perfection en termes d’écriture et de rythme. Avec en plus cet univers sombre et mélancolique irrésistible, qui n’hésitait pas alors à explorer la face vraiment sombre des peurs infantiles et donner un sens tragique à ses personnages paumés, Stranger Things se démarquait et s’élevait clairement au-dessus du tout venant, de la tête et des épaules.

Car oui, il fut un temps où Stranger Things savait intriguer, savait mettre ses personnages en grosse difficulté, et surtout, surtout, savait faire peur. Et dès le premier épisode en plus, avec cette séquence de meurtre absolument glaciale au diner (un type d’image qu’on ne reverra quasi-jamais dans les saisons suivantes). Le ton était donné, et fort bien tenu jusqu’à la fin de cette saison dangereuse, parsemée de traumas et de situations critiques : la mort de Barbara, la découverte du monde à l’envers, l’assaut sur la maison des Byers, la révélation du Demogorgon… Autant de scènes aussi terrifiantes qu’attachantes, comme des petits cauchemars de notre enfance.

 

Stranger Things : Photo Stranger Things BarbPauvre Barbara

 

Pourquoi c’est pas révolutionnaire pour autant ? Stranger Things n’a jamais eu pour prétention d’inventer la poudre, simplement d’appliquer avec talent une formule un peu trop oubliée. Pas un problème en soi, sauf quand le patchwork d’influence et de références devient vraiment voyant, ce qui peut parfois gêner ou agacer quand les clins d’oeil se multiplient ou sont trop appuyés.

Parfois également, les gosses sont trop mignons pour leur propre bien. Sinon en réalité il n’y a pas grand-chose à reprocher à cette saison… si ce n’est peut-être d’avoir un peu trop bien fait son travail et d’avoir grillé toute son inspiration d’un coup. Un bonbon si doux-amer si délicieux que le rab – beaucoup trop sucré – ne saurait être qu’écoeurant.

 

Stranger Things saison 1 : Winona RyderQuand Winona Ryder avait encore un rôle

 

Une scène marquante : L’attaque de la maison des Byers par le Demogorgon reste un des points d’orgue ultime de la série. Tous les fils de l’intrigue se rejoignent pour une séquence de home invasion dans le noir qui joue sa partition à la perfection. Tout le casting est réuni et déploie une synergie du désespoir grisante, pendant que la réalisation élégante donne le maximum pour nous faire flipper. Simple, mais extrêmement efficace.

Notre critique de la saison 1 de Stranger Things

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